Le gras, c’est la vie !

Un petit coup de gueule gentil (mais coup de gueule quand même) contre la lipophobie ambiante. Les régimes à la mode, les autorités de santé et la plupart des médecins nous mettent dans la tête que “le gras c’est mal”. Et à force ça rentre dans nos ptites têtes comme une évidence. En fait, les graisses ne seraient pas si mauvaises que ça, bien au contraire…

Fonctions des acides gras

Les graisses contiennent de nombreuses vitamines (A, D, E et K principalement) et des acides gras dits essentiels car le corps ne peut les synthétiser (oméga 6 et oméga 3 notamment).

Les graisses (ou lipides) permettent au corps de se construire et de se développer en participant à la construction cellulaire et à la transmission nerveuse. Elles jouent un rôle dans le stockage et la transmission de l’énergie. Enfin, elles servent à l’élaboration de diverses hormones. Beurre fondu poêle

Les acides gras n’ont pas tous les même actions sur l’organisme, il faut privilégier les acides gras mono et poly-insaturés (huiles végétales, graisses de canard, oie et poisson).
Vous trouverez des infos plus détaillées dans l’article Info graisses.

J’ai du gras à perdre…

Tout commence par là. Un petit bedon, des poignées d’amour, des hanches un peu trop généreuses, bref un corps trop gras. On se dit alors (et le discours officiel sur la nutrition nous le dit aussi) qu’il faut manger moins gras : “Pour votre santé, évitez de manger trop gras…” Ben oui, on a trop de gras, alors mangeons-en moins et tout ira mieux dans le meilleur des mondes !

Désolée et au risque de vous choquer, cette vision de la nutrition est bien trop simpliste. De la même manière que ce n’est pas le cholestérol qui induit les maladies cardiovasculaires, ce ne sont pas les graisses qui font prendre du poids.

Les graisses ne sont pas responsables du surpoids

Si l’on regarde le régime des tribus ancestrales, on s’aperçoit qu’il contient une forte proportion de lipides.
Les Inuits par exemple, se nourrissent quasi exclusivement de graisse de phoque et de poissons gras. Les Maasaï du Kenya utilisent le lait et le sang (riches en acides gras) des bovins qu’ils élèvent comme base de leur alimentation. Sur l’île de Kitava, en Papouasie Nouvelle-Guinée, une peuplade autochtone de chasseurs-cueilleurs-pêcheurs consomme principalement des noix de coco et des poissons, des aliments très gras.
Toutes ces populations ne connaissent pas les maladies cardiovasculaires ; chez eux point d’infarctus ni d’AVC et pas d’obésité non plus. Comment cela se fait-il ?

Obésité et régimes pauvres en graisses

Depuis les années 1960, toute une vague de nutritionnistes a prôné des régimes pauvres en graisses et en calories. Il fallait manger moins, et moins gras. Ces messages diffusés à grande échelle sont encore bien ancrés dans nos certitudes. Mais force est de constater que l’obésité n’a pas vraiment reculé depuis ces années-là, bien au contraire !

L’étude SUVIMAX 2003, menée par Serge Hercberg de l’INSERM, nous apprend qu’entre 1960 et 2003 en France, la consommation calorique a baissé de 36% en moyenne. C’est principalement la consommation de graisses qui a été diminuée. Or sur cette même période, l’obésité a augmenté de 300% !
De même, en Afrique du Sud, la part de graisses dans les apports quotidiens est de 22% (inférieure aux recommandations officielles qui préconisent 30%) ; et l’IMC moyen du pays est de 39 (la norme de bonne santé est de 25).

En fait, il en est ainsi pour tous les pays où la consommation de lipides est diminuée. Et cette diminution se fait au profit des glucides, dont la consommation, elle, augmente considérablement.
C’est donc une trop grande consommation de glucides, et notamment d’amidon contenu dans les céréales, le pain et les pâtes, qui est responsable de l’augmentation de l’obésité et des maladies cardiovasculaires.

Il a fallu attendre 2010 et une étude de l’institut de recherche d’Oakland aux Etats-Unis portant sur plus de 347 000 personnes, pour constater qu’il n’y a aucun lien entre la consommation de graisses saturées et le risque de maladies cardiovasculaires.
La Suède a été le premier pays à prendre acte de cette étude et conseille désormais des régimes pauvres en glucides pour perdre du poids (lire l’article).

Ainsi, la Méthode des IG bas est tout à fait conseillée pour limiter les risques de maladies cardiovasculaires. En privilégiant les glucides à Index Glycémique bas et les graisses insaturées, et en ne limitant pas les quantités, cette méthode alimentaire vous garantit une bonne santé !

4 Commentaires

  1. Claudine

    C’est très vrai ce que tu dis Laura !
    Il nous faut du cholestérol pour vivre et n’est pas responsable des maladies cardiovasculaires.
    Tu peux vivre très bien avec 3g de cholestérol ! Oui oui !!!! 3g et ce n’est pas pour ça que l’on meurt d’une maladie cardiovasculaire.
    Seulement il faut bien faire travailler ces laboratoires qui nous fournissent ces petites pilules ! Ce sont elles qui elles qui nous empoisonnent. Il y a quelques années j’ai vécu ça!
    J’avais de la tension et du cholestérol.
    La cardiologue me dit : Pas question pour vous de faire un régime, puisque vous n’avez pas de poids à perdre ! Normal je ne pèse que 49kgs pour 1,52m.
    Alors elle me prescrit des cachets le soir pour le cholestérol et le matin pour la tension.
    Donc tous les jours je prenais mes petits cachets, seulement avec le temps et insidieusement… j’avais très mal de partout, je ne pouvais même plus faire mes carreaux, prendre appuis sur les mains. J’avais mal dans tous les os ! La cardiologue me dit que ça venait surement des cachets pour le cholestérol et me prescrit une autre marque.
    Mais comme je n’aime pas prendre de médicaments et bien… je ne les ai pas pris ! J’ai arrêté aussi ceux pour la tension. Par contre là, je la vérifiais 3 fois par jour !
    Et j’ai suivi l’alimentation des IG bas sans vouloir maigrir. Ma consommation de graisse a donc augmenté et celle des glucides diminuer. En quelques jours la tension se stabilisait et 6 mois après le constat fut sans appel pour le cholestérol. Il était redevenu normal, (2g) et surtout je n’avais plus mal dans mes os. La cardiologue m’a dit que j’avais fait très fort ! Elle n’en revenait pas.
    Depuis j’essaie encore d’améliorer la façon dont je me nourris.

    Répondre
    1. LauraLaura (Auteur de l'article)

      Merci pour ton témoignage, Claudine.
      C’est vrai que les médecins ont toujours tendance à donner la pilule magique qui va guérir un problème au lieu de s’intéresser aux habitudes de vie de leurs patients pour les modifier (alimentation, environnement, activité…). C’est malheureusement leur formation qui veut ça. 🙁
      Tant mieux si tu as pu montrer à ta cardiologue que ton alimentation était plus efficace que ses médicaments ! C’est comme ça qu’on fait évoluer les mentalités 🙂
      Et tant mieux pour toi aussi si tu vas mieux maintenant. On est toutes les deux d’accord pour dire que l’alimentation est la première médecine 😉

      Répondre
  2. andre roberti

    Bonjour Laura,

    Je viens de tomber sur ton blog 🙂
    Bravo pour la qualité des articles!
    En effet, il faut arrêter de diaboliser le gras (sauf le gras trans)

    En toute amitié,

    André

    Répondre
    1. LauraLaura (Auteur de l'article)

      Merci André 🙂

      Répondre

Qu'en pensez-vous ? Postez votre commentaire ci-dessous :)